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On sous-estimait peut-être les forêts primaires : ce qu’elles gardent encore change la lecture du climat

Certaines forêts semblaient déjà précieuses. Elles pourraient l’être encore plus qu’on ne le pensait. Une nouvelle étude sur les forêts boréales suédoises ne dit pas que tout est réglé par les arbres, mais elle recadre sérieusement ce que la protection évite de perdre.

Les forêts primaires étaient déjà connues comme des lieux rares, riches en biodiversité et utiles au climat. La surprise de mars 2026 est plus précise : dans les forêts boréales suédoises, elles stockent beaucoup plus de carbone que les forêts gérées qui les remplacent, et l’écart semble plus fort qu’on ne le lisait souvent jusqu’ici dans le débat public.

L’étude publiée dans Science et résumée par Stanford est nette sur ce point : en Suède, les forêts boréales primaires non perturbées stockent bien plus de carbone par acre que les forêts secondaires gérées, avec une grande partie de l’écart située dans les sols. Le sujet n’est donc pas seulement ce que l’on voit dans les troncs. C’est aussi ce qui reste sous les pieds.

Le chiffre qui recadre ne dit pas juste qu’elles stockent du carbone, mais combien de plus

Le résultat qui frappe le plus est double. Selon Science, les forêts primaires étudiées stockent 72 % de carbone en plus par acre que les forêts gérées quand on accorde déjà du crédit au carbone contenu dans les produits bois récoltés. Et si l’on retire ce crédit, l’écart monte à 83 %. Ce n’est pas une nuance comptable insignifiante. C’est une vraie différence de lecture du bénéfice climatique de la protection.

Le rappel utile, ici, vient aussi des outils du Global Forest Review sur les stocks de carbone forestier et de sa page sur l’étendue des forêts. WRI rappelle que le carbone forestier ne se limite pas à la biomasse vivante : il se répartit entre biomasse aérienne et souterraine, bois mort, litière et sols. C’est précisément ce que la nouvelle étude remet en lumière avec plus de force.

Matériel de mesure et de prélèvement de sol en forêt boréale dans une scène de protocole scientifique
La surprise scientifique vient aussi de ce que les mesures font remonter sous la surface.

Ce que cela change vraiment, c’est la manière de juger la protection par rapport au simple remplacement

On résume parfois trop vite le sujet forestier à planter plus ou replanter après coupe. La page du Global Forest Review sur la perte de forêts primaires rappelle pourtant que ces forêts anciennes sont déjà typiquement riches en carbone et en biodiversité. Si leur contenu réel est sous-estimé, alors leur destruction ou leur dégradation coûte plus cher au climat qu’on ne l’admettait parfois. — à lire aussi : Quand un désert recommence à retenir du carbone, la bonne nouvelle n’a pas la cou….

La question devient alors moins poétique et plus stratégique. Le Global Forest Review rappelle aussi, dans sa page sur les forêts protégées, qu’une part importante des forêts primaires tropicales reste encore hors protection complète. Et l’article de Frontiers sur la protection stricte des forêts insiste sur un point proche : laisser certaines forêts vieillir et rester peu perturbées compte réellement pour le climat, au-delà des seuls slogans sur les arbres.

Forêt ancienne continue avec lisière gérée au loin pour évoquer l’effet concret de la protection
Ce que la protection évite de perdre peut être plus important qu’on ne le lisait jusque-là.

La nuance utile : ce résultat ne veut pas dire que chaque forêt primaire du monde vaut automatiquement ce chiffre

C’est la partie importante à garder en tête. L’étude porte sur la Suède boréale, avec ses sols, ses pratiques de gestion et son histoire forestière. On ne peut pas transformer ce 72 à 83 % en valeur universelle pour toutes les forêts primaires du globe. Le Global Forest Review rappelle d’ailleurs que les forêts primaires ne sont pas encore cartographiées de façon complète hors des tropiques, ce qui appelle de la prudence dans les généralisations.

Mais cette prudence n’annule pas le recadrage. Elle le rend plus solide. Ce que cette réévaluation scientifique change, ce n’est pas l’idée générale que les vieilles forêts comptent. C’est le niveau de sérieux avec lequel on doit regarder ce qu’elles gardent encore, surtout dans leurs sols. Et pour un lecteur Elise, c’est là que le sujet devient utile : moins un miracle vert de plus, plus un meilleur critère pour comprendre pourquoi protéger une forêt primaire peut peser davantage sur le climat qu’un simple remplacement bien intentionné.

Article créé en collaboration avec l’IA.

Rédac AA+
Elise Portier

Rédactrice scientifique climat, santé, innovations.
Ma mission : traduire la complexité en clarté, rendre visible l’invisible et donner des clés pour mieux comprendre notre époque.
Changements climatiques, vulgarisation recherche médicale
« La science pour tous, sans simplisme. »

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