![]()
Sommaire
Décryptage
57 % des problèmes de fractions résolus seuls après une dizaine de minutes d’aide d’une IA, contre 73 % sans IA (un des trois essais d’une étude sur 1 222 adultes présentée en octobre 2026). Une équipe de Berkeley, Carnegie Mellon, du MIT, d’Oxford et d’UCLA a coupé l’assistant GPT-5 sans prévenir, après 10 minutes environ. Le test sur les trois derniers problèmes suit aussitôt. Privés d’aide, ces adultes sautent aussi presque deux fois plus de questions : 20 %, contre 11 % (l’étude sur arXiv). La façon de demander de l’aide compte autant que l’aide elle-même.
Citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Le fait
Trois essais randomisés en ligne, 1 222 adultes recrutés aux États-Unis sur la plateforme Prolific. Un groupe travaille avec GPT-5 ouvert dans une barre latérale, l’autre seul. Dans les trois essais, le groupe aidé réussit moins bien au test que le groupe témoin, avec 6 à 16 points d’écart.
Notre lecture
L’effet touche la persévérance autant que la justesse des réponses. Dans l’essai de lecture, 8 % des questions restent sans réponse chez les participants qui avaient été aidés, contre 1 % dans le groupe témoin. Pour un parent ou un manager, dix minutes peuvent suffire à installer l’attente d’une réponse immédiate.
La nuance
Les tâches sont courtes et rémunérées entre 2,60 et 3,40 dollars. Le test a lieu juste après le retrait de l’IA : personne ne sait si l’écart tient une heure ou une semaine. L’IA de l’essai donnait des réponses complètes à la demande.
À surveiller
Les suites sur plusieurs jours, que les auteurs jugent nécessaires. Et les réglages des assistants : l’équipe plaide pour des modèles qui entretiennent la compétence à long terme en plus de finir la tâche. Brian Christian pose la question sans détour : ces systèmes conçus pour aider nous aident-ils vraiment ?
Comment l’IA a-t-elle été retirée en cours d’exercice ?
Dans le premier essai, 354 adultes résolvent quinze problèmes de fractions. Les 191 participants du groupe IA ont GPT-5 à disposition pour les douze premiers. Au treizième problème, GPT-5 s’éteint sans avertissement. Les trois derniers problèmes se font seul, comme pour les 163 participants du groupe témoin.
Le deuxième essai (667 participants) reprend la même logique avec un test de départ, onze problèmes aidés et trois sans aide. Le troisième (201 participants) porte sur des textes d’entraînement au SAT, l’examen d’entrée des universités américaines. Il compte cinq questions avec IA, puis trois sans. Chaque séance dure 13 à 15 minutes. Pendant la phase aidée, le groupe IA réussit mieux dans les trois essais. L’écart s’inverse au test, détaille le communiqué de Berkeley du 9 octobre 2026.
| Essai | Participants analysés | Réussite, groupe aidé avant | Réussite, groupe sans IA | Écart (points) | Questions sautées, groupe aidé avant | Questions sautées, groupe sans IA |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 : fractions | 307 | 57 % | 73 % | −16 | 20 % | 11 % |
| 2 : fractions | 585 | 71 % | 77 % | −6 | 10 % | 7 % |
| 2 : réponse demandée à l’IA | 189 | 65 % | 77 % | −12 | 13 % | 7 % |
| 2 : indices seulement | 82 | 76 % | 77 % | −1 | 5 % | 7 % |
| 3 : lecture (SAT) | 168 | 76 % | 89 % | −13 | 8 % | 1 % |
Pourquoi abandonne-t-on plus vite après avoir été aidé ?
Grace Liu, Brian Christian et leurs coauteurs avancent deux causes. La première touche à l’horloge intérieure : quand une IA boucle une tâche en quelques secondes, la durée « normale » d’un exercice change dans notre tête. Faire l’exercice sans aide paraît alors plus coûteux, et l’on saute davantage de questions.
La seconde touche à la connaissance de soi : en supprimant le moment où l’on bute, l’IA nous prive aussi de ce qu’il nous apprend sur ce qu’on sait faire. Les chercheurs parlent de « lutte productive » : c’est elle qui construit la compétence et une estimation juste de son propre niveau.
Dans le deuxième essai, 61 % des participants du groupe IA réclamaient directement la réponse. Au test, ils réussissent 65 % des problèmes et perdent 12 points sur le groupe témoin. Les 27 % qui se contentaient d’indices atteignent 76 %, contre 77 % sans IA. Un point d’écart, contre douze. La comparaison n’est pas tirée au sort, même si les groupes partaient d’un niveau comparable au test de départ.
Une IA qui explique au lieu de répondre change-t-elle la donne ?
Un essai mené en Turquie auprès de près de 1 000 lycéens le suggère (Bastani et al., revue PNAS, 2025). Avec une interface proche de ChatGPT, les élèves améliorent leurs résultats à l’entraînement de 48 %. Privés de l’IA à l’examen, ils font 17 % moins bien que ceux qui ne l’ont jamais eue. Une seconde version, « GPT Tutor », se limitait à des indices et s’accompagnait de garde-fous définis avec les enseignants. Ses élèves progressent de 127 % à l’entraînement et obtiennent à l’examen des notes comparables au groupe sans IA (synthèse de Wharton).
Ces travaux complètent quatre études déjà parues sur l’effort mental et l’esprit critique des utilisateurs d’IA.
Et chez nous ?
Combien d’élèves français sont concernés ?
En France, 68 % des 12-17 ans et 73 % des 18-24 ans utilisent l’IA pour l’aide aux devoirs (baromètre du numérique de l’Arcep, 9 février 2026). Aux États-Unis, 26 % des 13-17 ans déclaraient en 2024 se servir de ChatGPT pour leur travail scolaire (Pew Research Center). La mesure diffère : ChatGPT seul, un an plus tôt.
Près de la moitié des Français de 12 ans et plus (48 %) utilisent l’IA générative. Une lecture prudente des deux essais suggère un ordre d’usage : chercher seul d’abord, demander un indice ensuite, vérifier avec l’IA à la fin.
Vrai ou faux ?
Pendant les exercices, les participants aidés par l’IA réussissaient moins bien que les autres.
Faux. Le groupe IA réussissait mieux pendant la phase aidée, dans les trois essais.
Les participants qui demandaient des indices plutôt que la réponse n’ont presque rien perdu au test.
Vrai. Dans le deuxième essai, ils obtiennent 76 % de réussite, contre 77 % pour le groupe sans IA. La comparaison n’est toutefois pas tirée au sort.
L’étude de Berkeley montre que l’effet dure plusieurs semaines.
Faux. Le test a lieu juste après le retrait de l’IA ; les auteurs écrivent eux-mêmes qu’on ne sait pas encore combien de temps dure l’effet.
Brian Christian, chercheur au Center for Human-Compatible AI de Berkeley, refuse d’y voir une simple affaire de fractions. Selon lui, le phénomène touche le savoir et l’expertise humaine « de haut en bas ».
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Prix Nobel 2026 : dates, heures à Paris et lauréats prix par prix - 2
Nobel de physique 2026 : Francis Halzen, seul lauréat, pour les neutrinos du pôle Sud - 3
Céline Dion en concert : 16 dates restantes, horaires et billets - 4
Goncourt 2026 : les 8 romans de la deuxième sélection, Grasset n’en a plus aucun - 5
Grève Air Corsica du 9 au 16 octobre, vos droits si le vol saute
Nos dossiers
- Océan98
- Record du monde35
- Espace45
- Histoire100
- Famille97
- Évolution89
- Pouvoir d’achat148
- Climat135
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

