Vue aérienne au crépuscule d'une grande ville dont la moitié des quartiers est éclairée et l'autre plongée dans le noir.

2 000 simulations de mille ans, et sept futurs sur dix finissent par s’effondrer

Dix futurs possibles, 200 simulations chacun, mille ans d'horizon. Sept s'effondrent dans tous leurs tirages, et les deux leviers qui pèsent le plus ne sont ni la croissance ni la technologie.

Décryptage

Vous pariez sans doute sur la technologie pour faire tenir une société mille ans. Le modèle dit autre chose. Celia Blanco, Jacob Haqq-Misra et George Profitiliotis ont simulé dix futurs de la civilisation terrestre sur un millénaire, 200 tirages chacun, et publié leurs résultats en préprint sur arXiv. Les deux réglages qui pèsent le plus sur le sort de ces futurs sont la vitesse à laquelle on épuise les ressources et la part de ressources récupérée après un effondrement.

Le texte n’a pas été relu par des pairs. Concrètement, il ne prédit pas notre avenir : il compare des politiques entre elles, et c’est déjà autre chose qu’une boule de cristal.

Le fait

Sur les 10 futurs de la civilisation terrestre modélisés par l’équipe de Celia Blanco, 7 s’effondrent dans chacune des 200 simulations qui leur sont consacrées, selon un préprint déposé sur arXiv le 15 avril 2026. La part du millénaire passée en activité technologique, le « duty cycle », va de 0,38 à 1,00 selon les scénarios, indiquent les auteurs.

Notre lecture

Le scénario le plus instructif s’appelle Ouroboros : une société en pénurie, dirigée par quelques-uns, qui s’effondre deux fois en moyenne et passe pourtant 870 des mille ans en activité technologique. Living with the Land, société sobre et cyclique, chute 6,6 fois en moyenne et n’en passe que 380, soit 490 années d’écart. Ce qui les sépare n’est pas le niveau technique atteint, mais ce qui reste après la chute.

La nuance

Une simulation ne prouve pas un avenir : elle compare des réglages entre eux, toutes choses égales par ailleurs. Les auteurs posent eux-mêmes la borne, leurs scénarios s’extrapolent mal au-delà de notre biosphère. La technologie y croît d’un pas fixe chaque année, une simplification importante au vu de ruptures comme l’arrivée d’une intelligence artificielle générale.

À surveiller

Le levier « récupération » a une traduction concrète, que les auteurs nomment : des « recovery kits », dépôts organisés de savoirs essentiels destinés à accélérer la reconstruction. Agriculture, science des matériaux, médecine, production d’énergie, communications : une notice de redémarrage pour l’espèce, en papier ou en octets.

Comment les chercheurs ont-ils simulé l’effondrement d’une civilisation ?

Le moteur est hybride. Une partie déterministe fait croître la technologie et fondre les ressources, une partie aléatoire déclenche les catastrophes. Chacun des dix scénarios a été relancé 200 fois, ce qui donne 2 000 trajectoires de mille ans. Les scénarios viennent du Project Janus, un programme de l’organisation Blue Marble Space qui a écrit dix versions de la Terre et du système solaire dans mille ans.

Deux scénarios ne connaissent aucun effondrement, et un troisième reste actif 99 % du temps. Le modèle laisse de côté la colonisation spatiale, la migration interstellaire et la saturation informationnelle.

S'effondrer n'interdit pas de rester actif : Ouroboros, deux effondrements en moyenne, passe 870 des mille ans en activité technologique, plus du double du scénario le plus sobre. Limite de méthode : le préprint n'énonce la valeur que pour ces sept scénarios sur dix, et il n'a pas été relu par des pairs.
S’effondrer n’interdit pas de rester actif : Ouroboros, deux effondrements en moyenne, passe 870 des mille ans en activité technologique, plus du double du scénario le plus sobre. Limite de méthode : le préprint n’énonce la valeur que pour ces sept scénarios sur dix, et il n’a pas été relu par des pairs.
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Converties en années, ces fractions vont d’un millénaire entier à moins de quatre siècles.

Part du millénaire passée en activité technologique, pour les sept scénarios dont le préprint énonce la valeur (Blanco, Haqq-Misra et Profitiliotis, arXiv, 15 avril 2026).
ScénarioCe qu’il décritAnnées actives sur 1 000
Golden AgeSociété égalitaire stable, ressources abondantes1 000
Out of EdenCoexistence apaisée avec la nature et les machines1 000
TranshumanismCivilisation post-biologique intégrée à ses machines990
Deus Ex MachinaExpansion technologique agressive et instable910
OuroborosCivilisation oscillante, effondrements et repousses870
RestorationMonde reconstruit après un effondrement570
Living with the LandSociété sobre, cyclique, contrainte par l’écologie380

Les deux premières lignes décrivent des mondes sans pénurie ni catastrophe : des hypothèses de laboratoire.

Pourquoi certaines civilisations s’effondrent-elles moins souvent ?

Deux réglages font la différence. Selon la table de paramètres du préprint, Living with the Land épuise ses ressources presque deux fois plus vite qu’Ouroboros, à un taux de 2,5 contre 1,3. Après une chute, elle ne retrouve que 10 % de son stock de ressources, contre 35 % pour Ouroboros. Ce sont les deux leviers que l’analyse de sensibilité place en tête dans tous les scénarios.

Ils portent des noms que le débat français connaît déjà : consommer moins, et savoir repartir. Le premier est une politique de ressources, le second une politique d’archives.

Que conserver pour redémarrer après un effondrement ?

Les « recovery kits » ont déjà un équivalent, en version graines. La réserve mondiale de Svalbard conserve 1 401 285 échantillons de semences déposés par 134 institutions, couvrant 6 539 espèces à l’abri d’une colline arctique. Le préprint la cite comme exemple d’infrastructure de résilience en service.

Le modèle, lui, fait croître la technologie en ligne droite, sans les frictions qu’elle crée déjà dans le travail quotidien, comme la supervision des IA au bureau.

Dernier point de contrôle, et il regarde le ciel. Si les civilisations passent une partie de leur existence hors service, le silence des recherches de vie intelligente ne dit peut-être rien de leur rareté. Il dirait seulement que tout le monde est en train de redémarrer.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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