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En bref
Agacé par un courriel de démarchage, l’informaticien Peter Vamplew a renvoyé à l’expéditeur un faux article de dix pages. En 2014, cet enseignant-chercheur de la Federation University Australia l’adresse à l’International Journal of Advanced Computer Technology. La revue le juge « excellent » et l’accepte moyennant des modifications mineures (notice de la revue).
Le manuscrit ne contient qu’une phrase. « Get me off your fucking mailing list », que l’on traduira poliment par « retirez-moi de votre fichue liste de diffusion », court du résumé jusqu’à la conclusion. Rien ne manque pourtant à l’habillage : des sections numérotées, deux figures et deux références, qui renvoient aux normes du courrier électronique. La figure 2 est un graphique à échelle logarithmique dont les points dessinent… la phrase elle-même (le texte d’origine).
Le pastiche est signé David Mazières et Eddie Kohler, alors à l’université de New York et à l’UCLA. Ils l’avaient écrit en 2005 pour protester contre les relances d’une conférence. Neuf ans plus tard, il passe une relecture de revue sans encombre.
Prix de l’« excellence » : 150 dollars. La revue réclamait ces frais de publication avant toute parution. Peter Vamplew a refusé de payer, et l’article n’est jamais sorti.
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Texte écrit par Mazières et Kohler | 2005 |
| Envoi à la revue par Peter Vamplew | 2014 |
| Faux article | 10 pages, 2 figures, 2 références |
| Frais réclamés par la revue | 150 dollars |
| Frais de publication observés en France (CoNRS, 2023) | plus de 7 000 euros |
À retenir
- Le faux article répète une seule phrase grossière, intertitres et figures compris.
- La relecture de la revue l’a validé avec de simples corrections de forme.
- Faute de paiement des frais, la parution ne s’est jamais faite.
L’épisode résume le modèle des revues dites prédatrices : l’auteur paie, la relecture reste de façade. Une étude fragile qui franchit ce genre de filtre peut ensuite peser lourd, comme l’a montré la réanalyse d’un petit essai sur le Prozac chez l’enfant.
Et chez nous ?
Comment les chercheurs français repèrent une revue prédatrice
Les frais de publication réclamés aux chercheurs peuvent dépasser 7 000 euros par article, selon des recommandations du Comité national de la recherche scientifique adoptées en novembre 2023. Ces APC sont au cœur du problème, selon ce texte voté par des instances du CNRS et des universités (recommandations communes). Il dresse la liste des signaux d’alerte :
Citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
- des invitations répétées à soumettre un article ;
- un nombre disproportionné de numéros spéciaux ;
- des délais d’expertise très réduits ;
- des relectures express récompensées par l’annulation des frais d’un futur article.
Le texte invite à ne pas payer ces frais et à déposer le manuscrit dans l’archive ouverte HAL dès son acceptation. Le Conseil scientifique du CNRS parlait déjà d’un phénomène « unanimement considéré comme nuisible ». Son avis du 16 mai 2022 a été voté par 23 voix sur 23. Il renvoie au rapport de l’InterAcademy Partnership, publié en mars 2022 après une enquête auprès de plus de 1 800 chercheurs.
Ce rapport existe en synthèse française : ses deux grilles de repérage, pour les revues puis pour les conférences, tiennent aux pages 8 et 9.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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