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Vous suivez les tournées d’une star, ses stories, ses ruptures ? Selon une étude de Psychological Reports, plus des volontaires américains admirent leur célébrité préférée, plus ils se montrent enclins à obéir aux autorités. L’article scientifique est en ligne depuis le 27 juillet 2026. Le site PsyPost l’a relayé le 5 octobre.
L’équipe de Ho Phi Huynh, maître de conférences à l’Australian National University, a soumis deux questionnaires à ses volontaires, recrutés sur la plateforme Prolific. Le premier mesure l’attachement à une célébrité, le second le rapport à l’ordre et aux chefs.
Que mesure-t-on quand on « adore » une star ?
Le premier outil s’appelle la Celebrity Attitude Scale. Il est né en 2002 dans le British Journal of Psychology, sous la plume de Lynn McCutcheon, coauteur de la nouvelle étude. Sa version courte tient en sept affirmations et distingue deux niveaux. Le premier, « divertissement-social », consiste à suivre l’actualité d’une star et à en parler. Le second, dit pathologique, revient à croire partager un lien spécial avec elle, jusqu’à la tenir pour une âme sœur.
En face, le questionnaire de John Duckitt (Political Psychology, 2010) découpe l’autoritarisme de droite en trois attitudes. La première, baptisée conservatisme, désigne la soumission à l’autorité et le maintien de l’ordre établi. La deuxième, le traditionalisme, vise les normes et les modes de vie hérités. La troisième regroupe la sévérité et le contrôle social.
Chez 331 adultes américains, l’admiration intense pour une célébrité est corrélée à 0,45 avec la soumission à l’autorité, soit environ 20 % de variance partagée (Psychological Reports, juillet 2026). Avec la sévérité, la corrélation tombe à 0,13. L’âge, le genre, l’éducation, le niveau social et l’orientation politique expliquent à eux seuls 24 % des scores de soumission. L’admiration intense y ajoute 13 %, la forme légère 9 %.
Le graphique montre où l’admiration accroche, et où elle glisse.

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Une corrélation se lit en la mettant au carré. Pour l’obéissance, 0,45 × 0,45 = 0,20 : un cinquième des écarts entre participants varie avec leur degré d’admiration. Les quatre cinquièmes restants tiennent à autre chose. Si ces écarts formaient une pizza de cinq parts, l’admiration n’en partagerait qu’une. Côté sévérité, l’effet s’évapore une fois les contrôles posés : la forme légère n’y pèse qu’environ 1 %, trop peu pour que les chercheurs y voient un lien. Le tableau détaille les six corrélations publiées et leur part de variance commune.
| Dimension × niveau d’admiration | Corrélation (r) | Variance partagée (r², en %) |
|---|---|---|
| Soumission à l’autorité · admiration légère | 0,32 | 10 |
| Soumission à l’autorité · admiration intense | 0,45 | 20 |
| Traditionalisme · admiration légère | 0,19 | 4 |
| Traditionalisme · admiration intense | 0,32 | 10 |
| Sévérité, contrôle social · admiration légère | 0,15 | 2 |
| Sévérité, contrôle social · admiration intense | 0,13 | 2 |
Corrélations : Huynh et al., Psychological Reports, 2026. Variance partagée : r au carré, arrondi.
Une piste encore fragile
En 2001, un test britannique de John Maltby et Lynn McCutcheon, mené sur 307 participants, n’avait trouvé aucune corrélation significative entre attitudes envers les célébrités et autoritarisme. Le découpage en trois dimensions de Duckitt n’existait pas encore. Celui de 2026 isole l’obéissance, qui porte l’essentiel de l’effet.
L’étude reste transversale : elle photographie deux scores au même moment, sans dire lequel entraîne l’autre. Son échantillon, recruté à parts égales entre libéraux, modérés et conservateurs, ne représente pas la population américaine. Le narcissisme et le goût pour la hiérarchie sociale n’ont pas été mesurés. Les auteurs ne séparent pas non plus les vedettes du spectacle des figures politiques.
« L’association entre l’admiration des célébrités et la soumission autoritaire semble robuste et fiable. »
Ho Phi Huynh, maître de conférences (Australian National University), à PsyPost
Cinq participants sur 331 ont cité Donald Trump. Soit 1,5 % de l’échantillon. Le chercheur le précise : son travail porte sur les célébrités en général, pas sur les personnalités politiques.
Et votre propre fandom ?
Combien de personnes atteignent le niveau intense ? Une enquête hongroise sur 2 028 adultes, menée avec la même version courte de l’échelle, l’a chiffré (Journal of Behavioral Addictions, 2024). L’admiration forte y concerne 4,53 % des 18-64 ans et 8,51 % des 18-34 ans, presque deux fois plus. Aucune des deux études ne porte sur la France.
Pour se situer, la frontière utile passe entre les deux niveaux. Connaître la setlist d’une tournée ou guetter les dates de Céline Dion relève du premier, où la corrélation avec l’obéissance reste plus modeste. Le second commence quand le lien imaginé avec l’artiste devient personnel. Même là, une corrélation décrit une tendance de groupe, jamais un destin individuel.
Les stars, rappelle Ho Phi Huynh, défendent d’ordinaire des causes progressistes, du climat à l’immigration.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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