Compteur de gaz résidentiel fixé au mur clair d’un couloir d’immeuble, dans la lumière grise d’un matin d’automne.

Bruxelles annonce un gaz très cher pour l’hiver 2026-2027, la facture française a déjà bougé

Bruxelles annonce des prix du pétrole et du gaz très élevés pour l’hiver. Votre barème français a déjà pris 6,3 % au 1er octobre, et il ne contient pas encore ce que le commissaire a décrit à Dublin.

Sommaire
  1. Le fait
  2. Notre regard
  3. La nuance
  4. À surveiller

Décryptage

Le commissaire européen à l’énergie Dan Jørgensen a prononcé le mot « difficile » devant les ministres des Vingt-Sept réunis à Dublin le 29 septembre 2026. Il n’y aura pas de rupture d’approvisionnement en Europe cet hiver, mais des prix du pétrole et du gaz « très élevés ». La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz ont déjà coûté aux Vingt-Sept un « surcoût énergétique » de plus de 100 milliards d’euros, selon la Commission européenne.

En France, le régulateur a déjà tranché pour octobre. Le prix repère de vente de gaz de la CRE monte à 182,88 euros le mégawattheure TTC au 1er octobre 2026, soit 6,3 % de plus que le mois précédent, sur un parc de 10,31 millions de foyers abonnés au gaz naturel en France. Ce prix repère est la référence mensuelle publiée par la Commission de régulation de l’énergie, sur laquelle les offres indexées se calent.

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Le fait

« Il ne fait aucun doute que nous nous dirigeons vers un hiver difficile », a déclaré Dan Jørgensen au conseil informel de l’énergie, tenu les 28 et 29 septembre dans la capitale irlandaise. Il a aussitôt donné l’ordre de grandeur. « Lors d’un hiver normal, près de 50 millions de personnes en Europe ne sont pas en mesure de chauffer correctement leur logement. Cet hiver pourrait être pire encore. » Ce sont ses mots, rapportés par la dépêche de Dublin.

Autour de 70 % en moyenne dans l’Union : les stockages de gaz partent de bas. Le commissaire les qualifie d’« exceptionnellement bas » pour la saison, avec de fortes disparités d’un pays à l’autre d’après les niveaux de stockage rapportés par l’AFP. Un réservoir aux deux tiers plein, à l’entrée de la saison où l’on puise.

Remplissage des stockages de gaz en Europe fin septembre 2026, chiffres rapportés par l’AFP le 29 septembre 2026, jour du conseil informel de l’énergie de Dublin.
ZoneTaux de remplissage
Moyenne de l’Union européenneenviron 70 %
France82 %
Allemagne57 %
Pays-Bas57 %

La France aborde donc la saison de chauffe avec vingt-cinq points de réserve de plus que l’Allemagne.

Réservoirs sphériques de gaz naturel liquéfié dans un terminal portuaire européen au crépuscule, tuyauteries d’acier au premier plan.
Les stockages européens abordent la saison de chauffe autour de 70 % de remplissage, contre 82 % en France.

Et chez nous ?

Notre regard

Le barème d’octobre date du mois d’août.

La hausse du 1er octobre est la « conséquence d’une augmentation des prix sur les marchés du gaz au mois d’août comparativement à juillet », indique le barème du régulateur. Ce que Dan Jørgensen a décrit à Dublin ne s’y trouve donc pas encore. Le barème d’octobre porte les marchés d’août, celui de novembre portera ceux de septembre.

Environ 40 % des foyers français au gaz naturel ont une offre à prix fixe et ne bougeront pas ce mois-ci (part mesurée fin 2025). Les 60 % restants, soit près de 6,2 millions de ménages sur un parc de 10,31 millions au 31 mars 2026, n’ont pas de prix fixe, et une partie de leurs offres est indexée sur le barème. Pour ces contrats indexés, la CRE chiffre l’effet d’octobre à 5,28 euros TTC en moyenne.

Le prix repère montait déjà à 172,05 euros au 1er septembre. La marche d’octobre vaut 10,83 euros de plus par mégawattheure, et la hausse du 1er octobre est la deuxième consécutive.

La nuance

Le groupe de coordination gaz de la Commission européenne s’est réuni le 24 septembre 2026. Sa conclusion tient en une ligne : l’approvisionnement des clients protégés, ménages et services essentiels compris, reste garanti dans les conditions fixées par le règlement, malgré des stockages inférieurs à leurs niveaux habituels. C’est ce que retient le compte rendu de la Commission.

Le règlement (UE) 2024/1787 sur les émissions de méthane est entré en vigueur le 4 août 2024. À partir du 1er janvier 2027, il oblige les importateurs à prouver que le pétrole, le gaz ou le charbon acheté vient d’une juridiction dont les règles de mesure et de vérification équivalent à celles de l’Union (le calendrier du règlement). L’obligation vise les contrats signés ou renouvelés après le 4 août 2024. Dan Jørgensen a proposé de reporter cette échéance d’un an, à 2028.

Les États-Unis s’opposent à cette disposition, qu’ils présentent comme un frein à leurs exportations. Emmanuel Macron a soutenu le report, qui doit encore passer devant les États membres et le Parlement européen. Ce décalage ne fera baisser aucune facture cet hiver.

À surveiller

Le 8 octobre 2026, les gestionnaires de réseaux de transport de gaz européens publient leur bilan de préparation hivernale, et le groupe de coordination gaz se réunit à nouveau. C’est ce document qui dira si les stockages remontent.

Le prix repère du 1er novembre portera les marchés de septembre, ceux-là mêmes que le commissaire a décrits à Dublin. Le vote des États membres et du Parlement européen sur le volet importations du règlement méthane viendra après.

Le geste utile tient en une ligne de votre contrat de gaz : la mention « prix fixe » ou « prix indexé ». C’est elle qui décide si le barème de novembre vous concerne.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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