![]()
8 % des visites sur une page de résultats Google portant un résumé d’IA débouchent sur un clic vers un site, contre 15 % sans résumé (Pew Research Center : 68 879 recherches analysées en mars 2025). Le 27 septembre 2026, un blogueur américain a publié la capture d’une recherche qui part complètement ailleurs. Il cherchait un mème des Sixers de 2014. Google lui a répondu comme à un chagrin d’amour.
La requête tenait en cinq mots : « hes never coming over dario ». En 2014, les Philadelphia 76ers avaient drafté Dario Saric, qui jouait alors en Turquie et a choisi d’y finir son contrat. « Il ne viendra jamais » est devenu une blague de supporters. L’auteur voulait simplement retrouver de vieux tweets et fils Reddit de l’époque (son billet).
Le résumé d’IA a compris autre chose. Google, « un moteur de recherche qui n’a pas d’émotions humaines », a supposé que l’auteur avait été éconduit par un homme prénommé Dario. La réponse lui proposait du réconfort et une oreille attentive. Les liens attendus existaient : ils se trouvaient quelques centaines de pixels plus bas.
Le registre dérape avant l’exactitude
Rien n’est faux dans cette réponse. Aucune date n’est inventée, aucun nom n’est déformé. La requête documentaire a été classée en détresse personnelle, et la réponse a suivi ce registre. Google décrit ses propres systèmes comme des modèles de langage construits pour déterminer dans quelle mesure les quelques mots saisis dans le champ de recherche correspondent aux contenus disponibles les plus utiles (fonctionnement de la recherche). Quand ce déchiffrage retient l’intention affective, rien ne le signale à l’écran.
Le mode de défaillance porte un nom précis : la requalification affective d’une requête documentaire. Il ne produit ni erreur factuelle ni source inventée. Il change la nature de la question posée, puis répond à celle qu’il a reformulée. Un lecteur qui n’obtient rien se demande d’abord s’il a mal cherché. Ici, les cinq mots étaient les bons.
L’auteur pose la question dans ces termes : en quoi cela « organise-t-il l’information du monde et la rend-il universellement accessible et utile » ? La formule est la mission que Google affiche toujours sur sa page de présentation. Sa conclusion tient en une ligne : il était sur un moteur de recherche, et il voulait des liens.

Le billet a été soumis à Hacker News le soir même, à 20 h 12 TU. Il y totalise 1 097 points et 589 commentaires (Hacker News). Les réponses les plus votées décrivent des incidents voisins : un résumé qui annonce un club éliminé alors qu’il ne l’est pas, un autre qui reprend un commentaire Reddit inexact avec l’assurance d’une encyclopédie. Un participant explique avoir basculé sur DuckDuckGo et gardé Google en secours.
Une question revient dans le fil : faut-il désormais entretenir un dialogue permanent avec sa machine pour obtenir une adresse web ? L’auteur la formule ainsi, et se demande si certaines parties de la recherche n’allaient pas très bien avant les modèles de langage. Il compare sa réaction à celle de la grenouille qui s’aperçoit que la casserole chauffe depuis un moment.
Trois mesures circulent, et elles ne mesurent pas la même chose.
| Relevé | Marché | Grandeur mesurée | Valeur |
|---|---|---|---|
| Pew Research Center, mars 2025 | États-Unis | part des visites débouchant sur un clic vers un site | 8 % avec résumé d’IA, 15 % sans |
| Authoritas, relevé britannique | Royaume-Uni | recul du taux de clic du premier résultat | −47,5 % sur ordinateur, −37,7 % sur mobile |
| Sistrix, relevé allemand | Allemagne | part des clics captée par le premier résultat | 27 % avant, 11 % après |
Les trois vont dans le même sens, mais aucune ne s’additionne aux autres : une part de visites et un recul de taux de clic ne se comparent pas terme à terme.
Ce que ça change quand vous cherchez
Actu Alt Plus compilait le 24 juillet 2026 les premiers relevés britannique et allemand. Au Royaume-Uni, le taux de clic reculait de 47,5 % sur ordinateur et de 37,7 % sur mobile. En Allemagne, le premier résultat passait de 27 % à 11 % des clics, là où l’Aperçu IA s’affichait. La mesure américaine porte sur une autre grandeur, le taux de clic par visite, et sur un autre terrain. Les deux séries ne s’additionnent pas et pointent dans la même direction.
Le relevé américain donne deux repères de plus. Les internautes cliquent sur une source citée à l’intérieur du résumé dans 1 % des visites concernées. Et 26 % de ces visites mettent fin à la session de navigation, contre 16 % sur les pages sans résumé.
Les résultats classiques n’avaient pas disparu de la page : il fallait les atteindre. Descendre sous le bloc généré est devenu l’étape normale pour trouver un lien. Le billet est daté du jour où Google fête son anniversaire, le 27 septembre. Il se termine sur une ligne de dépit : « Je devrais peut-être aller parler à mon ami Google, il est toujours si gentil avec moi. »
Votre réaction :
Citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Grippe et Covid : la campagne s’ouvre le 13 octobre, et un seul rendez-vous suffit - 2
Mont Royal, 3 803 m de dénivelé aux Mondiaux de Montréal - 3
100 journalistes, un par pays, et le barème qui décide vraiment du Ballon d’Or - 4
Prime du champion du monde de cyclisme : 8 000 € pour McNulty - 5
Ballon d’or : qui est le journaliste français qui vote, et combien pèse sa voix
Nos dossiers
- Océan77
- Record du monde35
- Espace37
- Histoire86
- Famille95
- Évolution72
- Pouvoir d’achat112
- Climat115
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

