Chercheuse en laboratoire examinant des échantillons pour un projet de vaccin multivalent.

Un vaccin « multi-virus » contre Ebola et Marburg : 26,7 M$ pour accélérer la recherche à Oxford

Un nouveau programme financé par CEPI et Horizon Europe veut tester des vaccins « multivalents » capables de protéger contre plusieurs filovirus (dont Ebola et Marburg). L’objectif : gagner du temps avant la prochaine flambée, sans promettre de miracle immédiat.

Le 8 janvier 2026, CEPI et l’Union européenne (Horizon Europe) ont annoncé un financement pouvant aller jusqu’à 26,7 millions de dollars pour développer des vaccins capables de protéger contre plusieurs filovirus (famille qui inclut Ebola et Marburg), selon CEPI aujourd’hui.

Le projet est mené à Oxford (Oxford Vaccine Group et Pandemic Sciences Institute), avec des partenaires à Leipzig et l’appui de plateformes vaccinales complémentaires, détaille l’Institute dans son point d’étape.

Ce que finance exactement le programme

L’idée est de concevoir des « immunogènes » (les composants qui déclenchent la réponse immunitaire) visant plusieurs virus à la fois, puis de les tester avec deux approches technologiques : vecteur viral (type ChAdOx) et ARN messager. L’Oxford Vaccine Group insiste sur la comparaison « tête-à-tête » en préclinique.

Ce type de financement vise aussi la préparation : disposer de candidats vaccinaux « adaptables » si un filovirus moins connu ou nouveau apparaît, et produire plus vite des versions mises à jour en cas d’épidémie, comme le résume CIDRAP dans ses “quick takes”.

Scientifiques discutant d’un modèle vaccinal à partir de données en laboratoire.
Des chercheurs comparent des modèles biologiques pour concevoir un vaccin multivalent.

Pourquoi « multivalent » peut changer la donne

Pour l’instant, les vaccins disponibles ciblent surtout Ebola (certaines souches), alors que d’autres filovirus restent sans vaccin homologué. C’est un vrai sujet de santé publique : Ebola peut provoquer des flambées sévères, rappelle la fiche de l’OMS dans ses repères.

Marburg, lui, reste rare mais peut être très meurtrier ; le risque n’est pas « théorique » pour les pays concernés. L’OMS souligne l’importance de la prise en charge précoce et des mesures de prévention, en attendant de meilleurs outils.

Préparation logistique de vaccination avec chaîne du froid en clinique.
Préparation du matériel et de la chaîne du froid avant une séance de vaccination.

Ce qui reste à prouver (et ce qu’on peut espérer)

Le mot-clé, c’est “préclinique” : le programme doit d’abord montrer qu’un vaccin multivalent déclenche une réponse robuste contre plusieurs virus, sans “diluer” l’efficacité. Ensuite seulement viendraient des essais de phase 1 (sécurité et immunogénicité) au Royaume-Uni, si un candidat ressort.

Si ça marche, l’impact est simple à comprendre : mieux protéger les soignants et les populations exposées, et éviter de repartir de zéro à chaque nouvelle épidémie. Dans le meilleur des cas, on gagne du temps, et du temps en santé publique, c’est souvent des vies.

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Rédac AA+
Elise Portier

Journaliste scientifique climat, santé, innovations.
Ma mission : traduire la complexité en clarté, rendre visible l’invisible et donner des clés pour mieux comprendre notre époque.
Changements climatiques, vulgarisation recherche médicale
« La science pour tous, sans simplisme. »

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