
L'actu qui fait du bien

Résidences d’artistes, co-productions, échanges de collections : ces formats créent des liens concrets quand la diplomatie se crispe.
Quand les canaux officiels se tendent, la culture ouvre parfois une porte plus simple : travailler ensemble, sur une scène, dans un atelier, autour d’une œuvre. Ce n’est pas magique, mais c’est souvent plus durable que les slogans.
En ce début d’année 2026, l’Europe remet ce levier au centre avec les Capitales européennes de la culture : Commission européenne – Culture rappelle le lancement d’Oulu (Finlande) et Trenčín (Slovaquie), deux programmes pensés pour faire circuler artistes, publics et idées.
Sur le terrain, on voit la mécanique : appels à projets, partenariats de musées, tournées, ateliers partagés. Oulu, par exemple, structure sa saison avec un vaste programme culturel co-construit avec des dizaines de municipalités.
Les formats les plus apaisants ne sont pas ceux qui “défilent” une culture face à une autre, mais ceux qui obligent à faire équipe : coproductions, co-curation, et résidences croisées. La logique est simple : une date, un budget, des contraintes, et un résultat commun à livrer.
À Trenčín, l’écosystème s’organise déjà autour d’outils très concrets (soutien aux événements, revitalisation de lieux, aides aux initiatives locales) via le dispositif Europe to the city, qui finance des projets compatibles avec l’année 2026.
Ce type de programme réussit mieux quand il est transparent sur les objectifs (création, accès, rénovation de lieux, formation) et quand les partenaires sont “co-responsables” : les risques comme les bénéfices sont partagés, ce qui limite la tentation de la vitrine.

Les résidences et mobilités sont une autre brique efficace, parce qu’elles font sortir la coopération du symbolique : logement, ateliers, rencontres avec des écoles, répétitions. C’est du temps long, et c’est exactement pour ça que ça crée de la confiance.
À l’échelle européenne, le réseau EUNIC finance chaque année des projets de “relations culturelles” impliquant instituts culturels et partenaires locaux, avec une approche qui privilégie la co-création plutôt que l’export.
Et pour nourrir ces échanges, des dispositifs comme la Mobility Scheme soutiennent des visites de travail et du partage de méthodes (médiation, recherche, programmation), utiles quand on veut éviter les malentendus culturels.

Les projets culturels transfrontaliers ne “résolvent” pas les crises. Mais ils créent des liens latéraux : des équipes qui se connaissent, des publics qui se rencontrent, des institutions qui apprennent à coopérer sans s’aligner politiquement.
Dans sa réflexion récente sur la culture et la paix, l’UNESCO insiste sur le rôle des échanges et de l’apprentissage mutuel comme ingrédients d’une paix plus robuste, au-delà de l’instant : UNESCO – Culture for Peace (rapport) le formule comme un socle de pratiques, plus qu’une campagne.
La clé, c’est de viser l’utile : un programme accessible, des règles de partenariat claires, et des bénéfices visibles pour les habitants. À cette condition, la culture devient un “pont” discret, qui tient même quand le bruit remonte.